Les épreuves de la vie

Qu’appelle-t-on habituellement « épreuves de la vie » ? Ce sont les difficultés que l’on rencontre, et qui nous mettent face à nous-même, nous obligent à (ou nous permettent de) puiser dans nos ressources profondes, pour nous dépasser. Elles représentent donc une opportunité de croissance, et sont par nature « positives », même si elles font souvent souffrir.

épreuves de la vie

Les épreuves de la vie sont nombreuses, par corps, âme, esprit :

  • maladies, difficultés au travail, problèmes d’argent, démêlées avec la justice
  • difficultés relationnelles familiales, amicales ou amoureuses,
  • problèmes existentiels et grandes questions métaphysiques qui nous tourmentent, etc…

Ces épreuves de la vie ont elles un sens ? A quoi servent-elles ? Comment les vaincre ?

Epreuves de la vie ordinaire et épreuves de la vie initiatique

Distinguons tout de suite les épreuves de la vie ordinaire des épreuves de la vie initiatique.

  • Les unes sont vécues dans l’inconscience de l’enjeu initiatique, elles sont grossières et tombent un peu à l’aveugle. Toute est bon pour vous faire avancer, même si cela se passe dans les ténèbres de l’inconscience. Ce ne sont pas les occasions qui manquent, à chaque instant.
  • Les autres (les épreuves initiatiques) sont « dirigées ». Vous avez demandé l’entrée sur le Sentier (c’est une expression traditionnelle pour dire que vous avez explicité pour vous-même un vrai souhait de vous libérer intérieurement, même si vous n’avez rencontré personne et n’êtes rentré nulle part, au sens propre !) et la vie semble vous avoir exaucé : vous êtes confronté à des situations qui vous obligent à prendre position, qui vous permettent de vous questionner, de voir vos croyances, d’ajuster votre posture, de corriger vos comportements, etc… Ces épreuves de la vie initiatique sont de toutes natures, elles s’inscrivent dans les mêmes champs que les autres : le corps, l’âme, l’esprit. Mais elles revêtent une dimension spirituelle, dans la mesure où elles débouchent sur des prises de conscience plus directement spirituelles.

Comparons deux situations :

  • une personne qui n’est pas encore prête pour un véritable engagement sur le Sentier, vivra une maladie dans la douleur et l’inquiétude, comme tout le monde, mais elle n’en tirera que peu d’enseignements spirituels. Si elle en tire des leçons, ce seront plus vraisemblablement des leçons d’hygiène (mieux se nourrir, et se couvrir, éviter de s’exposer aux risques, prendre diverses précautions pour parer au cas où cela se reproduirait, etc…)
  • une personne qui est clairement motivée sur le chemin de la consciencialisation, verra peut-être des liens entre la maladie et ce qu’elle vit intérieurement. Elle sera sensible aux signes, et à la symbolique de ce qui lui arrive. Elle cherchera d’abord à se réaligner intérieurement au lieu de simplement amener son corps « chez le garagiste », afin qu’on le lui répare. Recouvrant la santé, elle en tirera des informations précieuses sur son cheminement spirituel. L’épreuve vitale aura été l’occasion d’un miroir fort sur le sens de son existence, etc…

 

Catégories d’épreuves de la vie initiatique

Sur le chemin, il y a plusieurs formes d’épreuves, comme il y a trois marches dans la symbolique traditionnelle maçonnique :

  • pierre brute : épreuves lourdes, souvent vécues dans l’ignorance que ce sont des épreuves, et du sens qu’elles revêtent pour nous faire évoluer. Ce peut être par exemples : une grave maladie, une séparation (voir à ce sujet notre article : « Rester ensemble ou se séparer« ), un échec professionnel. L’individu traverse la tourmente, tout en travaillant sur elle-même, mais sans forcément faire le lien avec ce qu’elle a besoin d’apprendre. Elle résiste éventuellement à cette épreuve, cherche vainement à l’éviter, se disperse en recherche de solutions… alors que cette épreuve est elle-même une solution aux vrais problèmes dont il souffre.
  • pierre taillée : épreuves plus subtiles, souvent liées aux relations et aux sentiments, elles sont reconnues comme telles, même si on ne dispose pas encore des clés pour les interpréter et les traverser. Elles sont justement là pour nous donner ces clés.
  • pierre ciselée : épreuves fines (de l’extérieur, on pourrait même croire que ce n’en sont pas). Elles peuvent toucher les trois plans de l’existence, mais sont toujours liées à l’esprit, à la vision spirituelle qu’on a de la vie. Ces épreuves pointues visent à apporter des nuances dans la conscience qu’on a du Sentier et de la métaphysique. Même si elles se présentent sous la forme dure d’un deuil par exemple, elles ne nous anéantissent pas longtemps, elles se distillent en finesse dans la conscience. Mais elles non plus ne nous lâchent pas tant qu’elles ne sont pas vaincues.

 

les épreuves de la vie

 

Par ailleurs, il y a des épreuves « par le moins » (par la perte, par le manque) et des épreuves de vie « par le plus » (l’épreuve de la réussite, de la facilité, de l’abondance, du bien-être, etc…).

  • l’avantage des épreuves par le moins : c’est qu’elles « piquent » et qu’on ne risque donc pas de s’endormir avec. Elles nous font souffrir. Donc on est obligé de travailler sur soi pour s’en libérer.
  • le risque des épreuves par le plus : c’est qu’elles ne paraissent pas être des épreuves de la vie. Du coup, on peut s’y complaire, et y demeurer sans progresser. C’est pourquoi les épreuves par le plus viennent plutôt après les épreuves par le moins. Non pas comme des « récompenses », mais plutôt comme des épreuves plus difficiles, pour lesquelles il faut déjà de l’expérience et du recul pour les voir et les résoudre. Si récompense il devait y avoir, ce serait dans le Fronton du Portique et pas dans les colonnes, chargées de nous y conduire.

Les épreuves de la vie

Le risque de Porter une Croix pour rien

Est-il possible de traverser les épreuves de la vie, sans en tirer de profit spirituel, donc en les vivant pour :  RIEN ?

Oui. Ou presque rien, en rapport de la souffrance endurée.

Cela mérite donc d’y réfléchir un peu, si on ne veut pas s’en prendre « plein la tête pour pas grand chose » 🙂 …

On portera La Croix pour presque rien, si on n’en tire pas la leçon qu’elle offrait.

Dans ce cas, on en souffre, mais on  n’y comprend rien. Ou bien on oublie dans l’action les bonnes résolutions issues de l’expérience, si bien qu’on ne progresse pas. Dans ce cas, l’épreuve se représentera un peu plus tard, et on retombera dans le panneau… jusqu’à ce qu’on comprenne.

Certes, la loi de justice est rigoureuse, mais ici c’est tout autant de la loi de miséricorde, dont nous parlons, puisque les épreuves visent à nous éveiller spirituellement.

Question paradoxale : Comment traverser une épreuve sans en tirer profit, et s’assurer ainsi de la prolonger longtemps, à nos dépens ?

  • En ne voulant pas souffrir, et en cherchant à la fuir, au lieu d’en comprendre la nécessité et l’opportunité. Il faut comprendre que la souffrance est un soufre. C’est un révélateur de conscience spirituelle. Et la vie, qui est une forme de projection, à la manière d’un rêve, sert à nous éveiller. On n’est pas là pour « s’amuser » : on a droit au plaisir, mais on n’échappera pas à la douleur. Et ceci n’est pas une raison suffisante pour se mettre à en souffrir psychologiquement. Pour avancer sur le Sentier, il faut soigner ses blessures (y compris en psychothérapie, il n’y a aucune honte à cela), renforcer la structure de son ego, pour qu’il soit équilibré. Et ensuite, seulement, on peut valablement s’engager sur le chemin de conscience qui rend peu à peu l’ego transparent à l’être profond. Beaucoup se prennent les pieds dans le tapis, parce qu’ils rechignent à se soigner, se croyant au-dessus de ça, puisqu’engagés sur le Sentier. C’est une grave erreur, qui les rattrape immanquablement, jusqu’à ce qu’ils fassent le travail nécessaire sur eux-mêmes.
  • En oubliant les leçons qu’on a tiré des précédentes épreuves.

 

Existe-t-il des « fausses croix » ?

Une fausse croix serait une épreuve que l’on s’impose par erreur, tandis qu’elle n’est pas nécessaire à notre évolution, et donc pas inscrite dans notre déterminisme.

Prenons par exemple, un faux devoir, consistant à s’imaginer qu’il faudrait être de parfaits parents pour nos enfants, ou bien inversement un enfant parfait pour nos vieux parents. A compter d’une telle fantaisie, certains se « sacrifient » littéralement, perdant leur propre vie à essayer de plaire, de satisfaire leurs proches, espérant peut-être obtenir ainsi de la reconnaissance, de l’attention, de l’amour dont ils se croient dépourvus (parce qu’ils ne s’aiment pas suffisamment eux-mêmes peut-être).

Comprenons-nous bien, à côté de l’amour véritable, qui impose parfois des sacrifices, il y a les « placements », le « commerce », les tentatives de manipulation, déguisées en amour (hélas, parfois à nos propres yeux qui confondons ces manoeuvres avec des élus du coeur) qui parfois poussent leurs auteurs à s’annuler au profit des autres. C’est trop. Nul ne leur demande cela. Mais c’est une forme de facilité. Du moins, cela leur est plus facile que de s’aimer eux-mêmes, ce qui serait plus juste, plus équilibré, et finalement plus harmonieux vis-vis de ceux qu’ils prétendent aimer en leur donnant plus que de raison.

Les fausses croix sont les faux problèmes, les ténèbres incréées, dont Jacques Breyer parle dans la conférence JBTP2, indiquant qu’il faut s’en débarrasser, sans quoi on ne peut avancer sur le Sentier…

A ce propos, ce site visant en partie à vous donner un accès plus aisé à l’oeuvre de Jacques Breyer, j’ai le plaisir de le citer et de vous partager des morceaux choisis.

  • Non pas que nous n’ayons rien à dire nous-mêmes, ou que nous voulions nous abriter dans son sillage. De même que nous ne parlons pas en son nom, nous n’avons pas peur d’assumer notre propre expression.
  • Mais il a dit les choses de manière profonde et puissante. Et c’est son « Verbe », qui nous a tout d’abord éveillé. Dès lors, n’est-il pas normal de partager avec vous ces phrases, qu’il a prononcées ou écrites, et qui ont clarifié pour nous la question abordée dans cet article ?

 

Extraits d’une conférence de Jacques Breyer

Extrait à propos des épreuves de la vie :

« Où commence la Forge et où finit-elle ? » La Forge étant, pour ceux qui ne le sauraient pas, les épreuves, mais les épreuves formatrices et non pas dispersées, ce que j’appellerais la canalisation sur soi d’épreuves dirigées, pour finir par se révéler à la Lumière.

« A partir de quand porte-t-on la croix pour pratiquement rien ? » Je ne veux pas dire que s’il n’y a pas une direction des volontés invisibles sur vous, pour vous forger, que l’on porte la croix pour rien. Je pense que le cortège des épreuves, même non-dirigées, est un ferment qui fait que, sous cette Forge, on peut se poser des questions et, à partir d’elles, être intéressé, c’est-à-dire être visualisé dans les plans, qui finissent ou qui commencent par s’occuper de vous, directement.

Par conséquent, même dans le collectif indifférencié, les épreuves dirigent vers la connaissance du Soi, et par conséquent, les plans supérieurs de l’Esprit, à partir de l’instant où ils sont eux-mêmes concernés par votre effort, vous prennent en charge graduellement, progressivement …

… Et, par conséquent, cette croix portée n’est pas portée pour rien, mais elle est portée pour demander l’entrée et l’obtenir. Après quoi, il y a d’autres épreuves, quelquefois encore plus dures, mais qui, étant « dirigées », doivent être supportées. C’est, si vous voulez, au travers de l’épreuve, une accélération de la vitesse de la prise de conscience…

… C’est très difficile de quitter ce que j’appelle le niveau des pâquerettes… Mais ça va de plus en plus vite, plus vous avancez, car plus vous avancez et plus vous avez conscience, notamment, de cette Loi libre arbitre / déterminisme, de cette Loi de Justice souveraine, de cette Loi des jeux de l’Unité, dans lesquels vous vous abandonnez consciemment, sans les résistances d’oppositions infantiles que vous pouviez faire avant cette prise de conscience de la Lumière…

… Par conséquent, « A partir de quand porte-t-on la croix pour rien ? » : je répondrais : à partir de l’instant, où, ayant eu des épreuves, vous vous rebellez au lieu de vous ouvrir, car, à ce moment-là, la prise en charge ne peut pas avoir lieu. Et là, il y a un peu, dans le déterminisme de la chose, une forme de choix. Et, donc, à partir de là, dans votre destin (non tellement particulier, s’il appartient toujours au collectif), vous risquez de vous créer des épreuves supplémentaires qui n’étaient pas, intrinsèquement, votre lot. Et ces épreuves supplémentaires, par votre refus, c’est cela : « porter une forme de croix pour rien »…

… Par contre, sans être masochiste, pour celui qui accepte les épreuves et sait, mentalement, les transmuer : les épreuves se retirent, sans doute, assez vite, ou sont transposées, par le fait qu’elles n’obtiennent plus, sur l’individu, une forme de résultat, puisqu’il est déjà obtenu. On le fait passer à une autre dimension de l’épreuve, où, quelquefois, l’épreuve est agréable, mais où elle n’en est pas moins une épreuve, car, dans cet agrément, on peut perdre aussi le sens de la route, et s’y complaire…

… Les épreuves par le plus sont plus agréables que les épreuves par le moins, mais elles sont certainement plus dangereuses. Et si le plus vous est donné après le moins, vous avez, là, encore l’épreuve d’oublier ce que le moins vous avait montré, en croyant que par le plus est la récompense, alors que par le plus est une nouvelle forme d’épreuve plus subtile, la récompense étant au-delà encore (dans le fronton après les deux colonnes).

Si vous n’avez pas cette prise de conscience devant le plus, après avoir connu le moins, vous serez dévorés. Et si vous la faites, vous canaliserez ce que j’appellerais les joies de la Matière et de l’Esprit. Et à ce moment-là, vous, monterez le cheval, et à ce moment-là, le « plus » peut vous conduire jusqu’en Haut…

… Mais dominer le plus (+) est bien plus délicat que de vaincre le moins (–) en l’acceptant, parce qu’il peut vous faire perdre la conscience, je le répète, que le moins (–) vous avait révélée.

Quand on demande, y compris des transformations, on doit savoir ce que l’on fait avant de demander, car les cas sont nombreux d’avoir été exaucés, et de se dire : « Mais mon Dieu, pourquoi me l’avez-vous accordé » ? Il fallait le demander avant, car il faut voir là-dedans, dans l’accord des puissances, parfois, même si vous vous reprenez, des choses irréversibles. Et elles-mêmes n’y peuvent plus rien, puisqu’elles les ont accordées et qu’il y a eu transformation de l’être…

… On ne revient pas en arrière. On peut se perdre sur le niveau où l’on se trouve ou continuer sa route. On peut donc être perdu sur un niveau plus haut que celui que l’on avait atteint précédemment, et sur lequel votre perdition n’était pas inscrite.

Par conséquent, « Tout est dans Tout », d’une manière architecturée, juste, et vous retrouvez les mêmes choses, à tous les degrés, mais sous un aspect différent et toujours plus efficace, plus rapide, mais aussi plus dangereux. C’est important de voir ça comme ça.

Si, par contre, vous avez tout eu et que vous n’ayez plus rien, je parle en ce monde, tout du moins, vous pouvez considérer, tout de même, que le plus (+) s’y trouve, par la prise de conscience qu’il vous a fait faire, dans un monde moins éphémère, plus éternel, et qui peut nous attendre.

Par conséquent, pour moi, la perte du bien qui vous apporte le degré de conscience, est un plus (+). Et, à partir de ce plus (+), vous pouvez, malgré que vous ayez, en fait, tout donné, ici, vous perdre en Esprit ou non, parce que ce serait trop facile que le Jeu s’arrête dans sa dualité appliquée, au travers des niveaux de conscience.

Donc, lorsqu’on vous a dépouillé et que vous avez trouvé le plus (+) spirituel, il ne faut pas vous perdre par lui, il faut penser vos actes, savoir investir l’effort, ne pas être dispersé en disant : « Non nobis, j’abandonne tout. »… parce que le Non nobis, ce n’est pas ça. Ceci n’est qu’un reflet de Non nobis qui fait plaisir à l’individu. Un Non nobis est, quelquefois, de faire ce qui lui déplaît et de se canaliser là où il n’était que Don Quichotte, afin d’épargner les énergies, de les diriger dans le sens de la Lumière, pour accéder mieux encore à celle-ci. Et, à partir de là, ce n’est pas faire n’importe quel Non nobis, que le vrai Non nobis quand il est pensé, ce serait trop facile.

Vous devez, par conséquent, au plan spirituel, être un épargnant de cette puissance et non quelqu’un qui la dépense, car elle ne servira ni à vous ni aux autres. C’est pourquoi, je pense… et là, j’enchaînerai, tout à l’heure, avec cette question du rôle de l’initié… je pense qu’il pense ses actes, et que celui qui a atteint le seuil de la Lumière, mais qui y est encore en enfance, peut disperser le capital…

… Donc, que vous ayez été ruiné, ici-bas, et que vous ayez fait, par là, une prise de conscience, ne dispersez pas ce qui appartient à cette prise de conscience dans des actions pis, qui ne représentent rien à côté de celles, si vous aviez réfléchi, qui pouvaient avoir un sens. Donner, c’est réfléchir, ce n’est pas disperser, et c’est une ascèse assez dure. Et celui qui entretient cette discipline peut passer, pour d’autres, qui ne la comprennent pas, pour quelqu’un de dur ou desséché, ce n’est pas vrai…

… Il faut diriger ses actes et, si martyre il y a, l’accepter, sans recherche, sinon cette recherche est en même temps une récompense et il n’y a plus d’épreuve, il y a inversion du système et de la Loi.

Donc, on doit, toujours et jusqu’au bout, défendre sa vie et la vie, par définition.

Ceci est une méditation à faire sur le Non nobis, ses conséquences et ce qu’il peut signifier en action, dans la vie, pour quelqu’un qui se veut humblement adulte en Esprit, et non seulement un perpétuel petit enfant, qu’il faut soutenir et dont on rectifie les erreurs, et qui, quelquefois, sont dramatiques, y compris pour un collectif donné.

Donc, « Où commence la Forge et où finit-elle ? » Elle finit, peut-être, à peine, après cette vie, si, là-Haut, et nous y viendrons tout à l’heure, des épreuves nous attendent, même dans la joie béatifique, ne serait-ce que de ne pas forcément y retrouver ceux que l’on espérait et en voir d’autres que l’on n’attendait pas.

« A partir de quand porte-t-on la croix pratiquement pour rien ? » A partir de l’instant où on disperse les leçons qu’elle apporte ou à partir de l’instant où elle est vécue d’une manière maligne et qui fait plaisir, ou bien, enfin, à partir de l’instant où on la refuse. Parce que les épreuves de fermentation alchimique, qui devaient nous ouvrir à un degré de conscience plus élevé, n’ont pas été dirigées vers lui, mais vers un refus caractérisé. Je répète que dans le déterminisme de l’épreuve (« Tout étant dans Tout ») il y a une forme de choix, de libre arbitre qui s’inscrit, et ensuite, il est trop tard…

… Imaginez… encore que nous puissions en discuter sur le plan abstrait, où ces mots de « liberté » et de « déterminisme » s’effaceraient, et nous l’avons fait dans les cours de travail… imaginez, d’une manière pratique et par images – comme aimait parler Gérard Encausse –, imaginez que vous êtes sur une route, vous êtes obligé de la suivre jusqu’au prochain carrefour. A ce carrefour, il y a plusieurs routes. Vous pouvez en choisir une. Et quand vous l’avez prise, il faut aller jusqu’à un autre carrefour pour en changer. C’est un peu une image, sans doute imparfaite, mais qui peut correspondre à cette Loi « déterminisme et libre arbitre », comment l’entendre.

Bien sûr, dans un sens, tout est déterminé, puisque Dieu, de toute éternité, crée. La Création est déterminée à être l’Œuvre créée, depuis toujours et à jamais. C’est un premier déterminisme intangible.

Mais, du fait que cette Création, à l’intérieur d’elle-même, dans son infini créé, comporte des créations relatives, comme autant de pigments, pour parler encore par images, sur sa toile de fond – encore qu’il faille penser tout cela en volume –, eh bien, la dualité réside, à l’infini créé, par le fait de la Relativité, qui, à l’infinie dualité, réside. Ce qu’il faut, nous l’avons dit, c’est retrouver, au travers de nos limites, là où nous sommes, puisque « Tout est dans Tout », la conscience de l’Unité, au travers de notre dualité vécue, qui est le déterminisme naturel de toutes choses, alors que cette conscience de l’Unité est peut-être le point de libre arbitre que, par la dualité, on pouvait atteindre ou qu’on se refuse …

… Tandis que l’évènement n’aura pas changé, ce que l’on en tirera, sur le plan Divin, peut être différent. Ça revient à ce qu’on disait tout à l’heure…

… Là, je verrais volontiers, pour ma part, en philosophe, que, quand on atteint la conscience de l’Unité de son stade, par la paix intérieure et l’acceptation de beaucoup de choses, sans pour autant abandonner ce qui nous est confié comme responsabilités, eh bien, on est dans la conscience de l’Unité, tout en couvrant la figure des dualités quotidiennes, qu’elles soient religieuses, politiques, économiques, militaires ou autres, voire artistiques…

… mais on a ou non la conscience de l’Unité, qui met en paix, qui vous donne des grâces, donc des pensées qui vous font peut-être plus encore progresser dans ce chemin de la dualité dont vous ne pouvez pas vous écarter, ne serait-ce que par le biotope qui vous entoure et qui s’y trouve. Et par conséquent, vous avez les armes pour les épreuves que vous avez à subir, qu’elles soient physiques, sentimentales ou spirituelles…

… Et par conséquent, cette conscience de l’Unité est la Clef de voûte du système ici-bas, et qui est une sorte d’avant-goût, dans le meilleur des cas, de ce qui nous attend, peut-être, après cette vie…

… Et par conséquent, la croix, ses épreuves, qui sont basées sur la dualité, forcément, puisqu’il y a rencontre, opposition, doivent développer, pour finir, la paix, et, par conséquent, reléguer en vous toutes formes de craintes, d’angoisses, de prétentions, de complexes, qui sont rivés à l’atavisme, à la lettre, alors que, derrière, il y avait ce trésor à trouver. Mais, peut-être, a-t-on trop composé avec la règle apparente et, peut-être, à ce moment-là, ne trouve-t-on que très tard, ce qu’il y avait au-dessus et qui était bien obligé d’être placé derrière…

… Alors, là, vous avez la paix et vous devez trouver toujours les mots, les paroles, qui conviennent à chaque cas, parce que, si vous êtes dans la conscience de l’Unité, vous disposez du Verbe, qui n’est pas vous, alors que, dans l’autre cas, où vous n’êtes que dans la dualité, même améliorée, et tout en employant les mêmes mots, vous ne disposez que de la parole, et le point d’impact sur l’interlocuteur est très différent.

Et voilà, également, comment l’initié, au travers du temps, s’y prend naturellement, sans doute, même sans toujours le penser exactement, pour essayer d’aider autrui, par une forme de présence en lui, mieux encore que d’exemples extérieurs… Là encore, ceux qui attendent l’initié avec une figure de proue, quoiqu’il puisse l’avoir, se trompent. Il est dans ce qui reste en vous, après la rencontre, ou qui n’y reste pas. Et ça aussi, ça dépend de vous, pour le garder ou n’en faire, dans l’intellect, qu’une sorte d’échange qui ne va pas dans la profondeur. Et plus vous travaillez vous-mêmes, et plus vous êtes enclins à comprendre toutes choses, en profondeur.

Par conséquent, au travers des différentes époques, le rôle de l’initié n’apparaît pas toujours évident, malgré les cas spectaculaires de manifestation.

Oui, il y a des cas spectaculaires de manifestation qui plaisent au monde concret, par une attitude éloquente, par des miracles sur son chemin, mais, souvent, ceux-là ont dit : « Si seulement le monde n’avait pas besoin de miracles et veuille comprendre, sans que nous ayons à en faire. » C’est bien vrai, parce que, en même temps, c’est dangereux et cela attarde. S’il y a un miracle, il faut qu’il soit par surcroît, et que les Hiérarchies l’aient décidé, plutôt que l’homme, d’une manière magnétique ou autre, essayer de le provoquer pour faire plaisir à une foule…

… Et, si, en un temps donné, cela était nécessaire, pour faire progresser le troupeau, en d’autres temps, ce sont d’autres moyens, qui sont peut-être moins spectaculaires, mais plus substantiels pour l’Esprit, à l’époque du Saint-Esprit, ou Paraclet. Essayez de comprendre, sans pour autant vous brûler en touchant à l’Arbre du bien et du mal.

Essayer de comprendre n’est pas interdit, dans l’humilité et la persévérance, le don de soi et l’amour de Dieu et d’autrui.

Et par conséquent, je pense qu’aujourd’hui, les hommes qui sont conscients, qu’on appellera ou non « les initiés », doivent nettement réfléchir, avant – en traditionnalistes convaincus, c’est leur droit et c’est le mien –… avant de répéter, point pour point, ce qu’ils ont appris des textes sacrés ou de l’histoire secrète, parce que, si on n’est pas soi-même, on n’est toujours que l’ombre d’un autre, derrière lequel on se réfugie. Ce peut être, alors, un arbre qui vous masque la forêt, et, à partir de ce moment-là, vous n’avez plus progressé réellement. Vous avez trouvé, là, au nom du cœur et du Non nobis et de l’humilité, un abandon facile à vos responsabilités, et, tandis que des exemples fameux, tout du moins dans ce qu’on vous en a rapporté, vous suffisent pour faire comme eux…

… D’abord, vous ne ferez pas comme eux : chaque cas est un cas unique. Et ensuite, à vouloir plagier, vous oubliez vos droits et votre devoir, au profit, non pas de n’être qu’un petit singe, mais l’imitation de Jésus-Christ, par exemple, ne se borne pas dans une répétition sacerdotale ou acceptée de sa forme de vie : c’est, à votre niveau, vous ayant découvert humblement, faire le maximum de vos correspondances naturelles, comme Lui a donné le maximum des siennes…

… Mais ça n’est pas essayer, forcément, de le plagier, sinon, simplement, de se souvenir du message cardiaque qu’il a laissé : « Aimez-vous les uns les autres. » Mais ça ne veut pas dire forcément : « Vivez dans des macérations inutiles. », parce que, là encore, les choses sont à comprendre. Et ceux qui ont rapporté l’histoire l’ont souvent, par les traductions, ce qui a été déplacé, ce qui a été rajouté ou enlevé, ont souvent faussé le sens profond d’un texte…

… C’est à vous de respecter cela – les hommes ont fait ce qu’ils ont pu –, mais c’est à vous, par la conscience, l’amour, la persévérance et l’humilité, de découvrir ce qui est simple, ce qui est la Loi, et de l’appliquer à votre seuil, c’est-à-dire au travers de qui vous êtes. Là est la véritable imitation du Christ… pas l’autre. L’autre, c’est un conte de fées qui finit mal et qui ne vous était pas demandé…

… Ça, c’est plus discret, c’est plus profond, c’est plus solide. Et de même que l’or ne brille pas, mais qu’il est le métal noble et tandis qu’il est mat, des métaux sans intérêt brilleront et ne voudront rien dire.

« Est-ce qu’on peut penser que l’adepte est semblable à cet Esprit de la matière, qui meut celle-ci sous le boisseau ? » Oui. On peut supposer qu’il y a plus d’initiés inconnus que connus, qui n’en sont pas moins – car je ne voudrais pas établir un jugement de valeur entre eux –… qui n’en sont pas moins aussi élevés, peut-être, que la plupart des connus…

… Et par conséquent, ils ont préféré le retrait et agir de cette manière pensée, profonde, discrète, mais efficace. Ils se sont aussi préparés pour un autre plan de Lumière, dans lequel ils ont vu, très certainement, que porter l’action, à partir de lui, était plus important qu’ici, d’être un exemple concret que les foules idolâtreront trop facilement, sans travailler. Et par conséquent, il a voulu surtout se consciencialisé en Lumière, pour être une force efficace, ensuite, et anonyme…

… C’est forcément ça, le Sentier le plus puissant, qui, en même temps, demande un effacement personnel total, alors que, souvent, on a vu le cas, dans ceux qui se témoignent à l’extérieur, du plaisir qu’ils y prennent, et tandis qu’ensuite, ils ne peuvent pas s’en passer, pour être conduit, même, au pire, dans certaines conditions, qui, à eux, ne leur étaient pas demandées, tandis qu’elle le fut, peut-être, à d’autres…

… Il y a, aussi, ce fanatisme, qui peut pousser aux excès. Et ceci est une inversion de la Loi : on est dans les reflets de la cause. Et par conséquent, c’est un piège dangereux, qui peut pousser jusqu’à la mort et au-delà, puisqu’il faut une sélection, il faut une hiérarchie, ceci est la Justice. Et si vous n’êtes pas, ni moi, au sommet, cette fois-ci, pensez que vous êtes dans l’escalier qui conduit vers la perfection et que les jeux de l’Unité sont basés, par la Justice du Trait et l’Amour de Dieu, sur cette forme ascendante et non pas sur du n’importe quoi.

C’est pourquoi, un nivellement des valeurs, ici-bas, sur quelques claviers de l’existence que ce soient, est une erreur cosmique et métaphysique, parce que la vraie Justice est : « Chacun à sa place. » Ce n’est pas niveler, pour dire : « Tout le monde est égal. »… Oui, tout le monde est égal, mais tout le monde n’a pas la même chose à faire…

… Et, à partir de là, il est bien obligé qu’il y ait un commencement, un milieu, une fin, et que tout le cortège, sur toutes les marches qui lui sont imparties, se distribuent, sur ces différents claviers, pour, la prochaine fois – mais, là, il faut être un homme de foi – savoir qu’on aura, dans certaines conditions, une autre destinée, autre chose à faire. Il y a ceux qui veulent voir la Justice là, puis, il y a ceux qui, investissant à long terme, la voit dans un ensemble.

Et par conséquent, nos politiques de consommation, dans l’immédiat, les nivellements des valeurs reconnues est une monstruosité apocalyptique, par le fait que ça n’a de justice que le nom : c’est un reflet de la chose. Il faut accepter certaines conditions, tout en faisant tout pour les changer, mais en respect de la Loi et non en nivellement ou négation de celle-ci, car on débouche sur le magma, sur l’anarchie, la destruction, et vraiment, là, avoir, certainement, porté des croix pour rien, parce qu’on a refusé, justement, cette Loi qui dirige le débat. »

Jacques Breyer

Les épreuves de la vie et la souffrance

Epreuves de la vie et déterminisme

Si notre vie est en grande partie déterminée (et c’est une évidence, puisqu’il y a notre héritage génétique, notre éducation, l’imprégnation de notre language et de notre époque qui sont absolument prégnantes sur notre constitution physique et psychologique), les épreuves de la vie sont prévisibles.

Nul ne peut échapper aux épreuves que la vie lui réserve, tant chacun est déterminé à l’exposition naturelle au miroir qui l’attend. La seule solution, c’est d’accueillir ce qui se présente et d’oser bien le vivre, bien le voir, le distiller goutte à goutte en pleine conscience.

La seule conduite sensée face au déterminisme est de l’assumer, de l’accepter. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra être transcendé, et que l’on pourra « poignarder son horoscope » :

« Sublimant à jamais l’horoscope poignardé en son centre, et faisant que l’Initié ne dépendra plus dès lors que d’un processus Alchimique à couvrir disposant d’une Cabale aux Alliances permanentes… je répète que la Révélation inocule un second Etre en nous, à l’image de deux cavaliers sur un même cheval. (Sceau des Templiers).

… Forgé lentement, détendu et armé tour à tour afin d’être Equilibre, l’individu « Porteur » n’a aucun besoin, sur le Sentier de Voie Sèche, d’exercices compliqués. — Celui-là serait-il immolé, que personne pour autant (car il Est) ne pourrait l’effacer de la Carte Divine, pas plus que sa Mission qui se poursuivrait donc inexora- blement… que cet Homme soit Ici, ou bien même… Ailleurs !

Anoblissement de notre Esprit, de notre sang, de nos cellules, il y a des Pentecôtes qui ne pardonnent pas ! — Les Grâces ainsi fournies n’étant pas à confondre avec ces pouvoirs du médium entraîné, du fakir majestueux, ou du sorcier empirique (parce que les premières viennent de la Verticale, et les seconds uniquement de l’Horizontale périssant avec l’âge)… je renouvelle que la Révélation par concours des Puissances, c’est-à-dire des Eons, est une Descente Ignée, véritable Sceau de Dieu au travers des Temps sur la personne du Serviteur, afin de rappeler au Monde son Chemin… et que lui seul, notre Père, peut tout très Infailliblement. »

Terre Oméga – extrait du passage intitulé « La Révélation » page 22.

Il n’y a jamais à s’en faire, que l’épreuve serait trop dure pour nous. Nous sommes déterminés à la traverser et appelés à la vaincre. Après, selon l’usage que nous ferons de notre libre arbitre, cela prendra plus ou moins de temps et ce sera plus ou moins confortable. Mais le temps et le confort ne sont pas des critères à retenir. Ce qu’il faut c’est y passer, et en sortir victorieux.

« Contourner une épreuve ne fut jamais la vaincre. Il faut la traverser ! »

Souffrance et soufre(A propos de l’ego, voir aussi cet article complémentaire : « Qu’est-ce que l’ego ?« ).

Pour finir en beauté, j’aimerais attirer votre attention vers un poème alchimique de Jacques Breyer, extrait du livre « Oubah », intitulé « Les Corbeaux ». Procurez-vous le livre et méditez à son contenu. Cela vous sera d’une grande aide au moment de l’épreuve. Mais cela mérite d’être lu et étudié avant, pour pouvoir disposer du message clé au moment opportun.

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