Le féminin sacré

Le développement du féminin sacré et du masculin sacré, à parité en soi-même, sont la base de tout progrès spirituel.

Cela dit, notre société est tellement imprégnée d’une caricature du masculin, qu’il est impératif de renforcer le féminin (en commençant par honorer les femmes), dès que cela est possible, afin de rétablir l’équilibre.

Dans cet article, nous expliquerons pourquoi et comment honorer le féminin sacré, en soi et autour de soi.

développer le féminin sacré

La symbolique du masculin et du féminin

Féminin sacré => lien, relationnel, émotionnel, rêveur, fluide, coopératif, douceur, sensibilité, accueil, harmonie, voit le sens, flexible (rondeur, souplesse), décadre, global, puissance, lâche prise, projets, protège, fragilité, doute, ressent, intuitive, collective, partage ses ressentis, mes des mots sur ses ressentis, Ecoute, Intuition, Capacité à saisir l’invisible, Douceur, Bienveillance, Capacité de lien et de médiation, Relationnel, Courage dans la décision, Idéation: avoir des idées, Co-construction, Séduction, Ouverture

Masculin sacré => s’oppose, combat, résultat, détail, robuste/rigide, concentré, réflexif, mental, pouvoir, contrôlant,
domine, évince, décide, certitude, agit, réfléchit, individuel, garde ses ressentis, verbalise avec difficultés ses ressentis (passe à l’action), Affirmation, Action Conquête Décision Rayonnement, charisme facial Extérieur Orientation résultat Engagement Contrôle Force Humour, jeu

 

Yin et Yang se complètent

symbole du portique maçonnique

Nous avons tous une part d’énergie masculine (Yang) et d’énergie féminine (Yin). Si tout va bien, ces deux pôles alternent et se complètent. En apprenant à identifier ses flux énergétiques, vous serez mieux à même de les orienter et de vous sentir bien, en équilibre.

L’énergie féminine prend sa source dans le masculin et l’énergie masculine trouve ses racines dans le féminin. Ces deux aspects Yin et Yang se trouvent en chacun de nous. Leur symbole l’exprime très joliment : la vague blanche du yang se fond dans le noir du yin pour former un cercle, chacune contenant une partie (un point) de l’autre. Rien n’est donc totalement noir ou totalement blanc.

C’est ce que nous transmet le symbole universel de la Taï chi, montrant les deux principes enlacés étroitement :

  • yin, principe féminin
  • yang, principe masculin.

Rappelons ici que les femmes sont féminines ET masculines. Et les hommes aussi.

Heureusement que chacun est potentiellement complet ! Mais il faut actualiser cette complétude, en partant en queste de sa complémentarité, aussi bien à l’extérieur que surtout : à l’intérieur de soi. Mais il n’y a pas à choisir : les deux vont de pair.

Sinon, ce serait misérable.

Quel que soit notre sexe, nous avons évidemment chacun une part masculine et une part féminine. Chacune est porteuse d’énergies et de valeurs complémentaires, qu’il nous faut développer harmonieusement.

Le rapport entre ces deux énergies féminines et masculines peut varier d’une personne à l’autre, et même d’une période de la vie à une autre. Il faut à la fois les développer et les équilibrer.

 

Féminin sacré et masculin sacré à parité

Le féminin sacré et le masculin sacré sont les deux facettes de l’Unité sacrée.
  • L’une et l’autre se complètent et se prolongent mutuellement.
  • L’une engendre l’autre et vice versa.
  • L’une contient l’autre et réciproquement.
Nous allons néanmoins les distinguer presque artificiellement, à des fins didactiques, même si évidemment les deux polarités sont intimement mêlées et indissociables dans l’expérience de chacun.
Quand survient en soi un déséquilibre entre les deux polarités, on devient fragile et « dépendant ».

Les personnes dépendantes affectivement s’entretiennent dans la croyance qu’ils sont vides à l’intérieur.

Alors, ils tentent de se remplir avec du plein venant de l’extérieur. Mais c’est un mauvais calcul pour deux raisons : cet apparent plein extérieur est en fait vide, tandis que leur soi-disant vide intérieur est en fait plein ! Double peine… et vie de frustration sans fin.

Certes, tout cela ne sont que facéties de la vie. Mais, tout de même : quel temps perdu !

Et combien de souffrances inutiles, avant de découvrir que tout est simple et déjà là.

Or donc, certains qui se croient insuffisamment pleins, quand ils sont touchés par le plein qu’ils aperçoivent au dehors, à travers la polarité féminine de l’autre (celle qu’ils n’ont pas encore suffisamment développée en eux-mêmes), tombent sous le charme. C’est bien, cela prouve qu’ils sont vivants et sensibles. Mais s’ils n’assument pas assez leur propre intériorité, leur propre féminité, ils restent scotchés sur le lampadaire comme un papillon de nuit, agité à se brûler les ailes sans pouvoir jamais accéder vraiment à la lumière qui les fascine.

Et c’est bientôt dans l’addiction malheureusement.

 

Le féminin est le ciment métaphysique

La symbolique du féminin sacré fait toujours référence à l’amour parce que le féminin de l’être est métaphysiquement le lien entre :
  • L’Origine Incréée
  • Et la Création qui en découle

Ce lien entre le Créateur et sa Création est la faculté Créatrice de cette Source originelle. C’est Elle le second personnage de la Trinité fondamentale, symboliquement féminine, qui crée le lien entre les deux autres…

L’Unité de ces trois protagonistes du ressort des mondes repose sur sa cohésion interne : le lien féminin !
Il devrait en être de même pour les organisations humaines, depuis la cellule familiale jusqu’aux instances de décision les plus élaborées des organisations tournées vers la performance.
Comme chacun le sait, c’est loin d’être toujours le cas, et le monde en pâtit, qui croule sous le poids de la culture planétaire patriarcale depuis plusieurs millénaires, en attente d’une révolution nécessaire, la profonde révolution du sens et de l’Unité en action…

Développer le féminin en soi

Hommes et femmes doivent développer également le féminin sacré et le masculin sacré  :

  • féminin sacré : apprendre à aimer, aimer la vie d’abord, s’aimer soi-même ensuite et aimer les autres enfin. C’est probablement ce que suggère l’évangile, un des piliers de la culture occidentale : “Aime ton Dieu avant toute chose, et le prochain comme toi-même”. Les êtres de spiritualité authentique ne peuvent qu’être amoureux du féminin et de la femme, puisque aimer la femme revient symboliquement à aimer l’Amour (A ne pas confondre avec “aimer les femmes” 🙂 ou s’adonner à une sexualité débridée : ce qui n’a rien de mal, si ce n’est la perte de conscience et le manque de respect de soi et d’autrui).
  • masculin  sacré : apprendre à réaliser, à construire, à produire, à conquérir… A notre époque, c’en est presque devenu une maladie, comme s’il fallait mener un combat contre la vie, pour pouvoir survivre… (quelle ineptie quand même !)

Comme on l’a vu, le féminin sacré, dans la trilogie métaphysique de l’origine, c’est le lien, la relation entre le Céateur et sa Création.

Développer le féminin, revient donc à développer le sens de la relation, donc :

  • Le lâcher prise sur la volonté de contrôle et de domination
  • L’accent mis sur le bien-être et sur l’intériorité, plutôt que sur la conquête et l’expansion extérieure
  • Le sens de l’intérêt collectif (le sens de la famille, le regard systémique) et le don de soi. La maman n’a pas l’exclusivité du sacrifice, mais elle offre tout de même son corps pour l’enfantement et une grande partie de sa vie !
  • La sensibilité et l’intuition au sommet, c’est-à-dire la capacité à ressentir l’émotion métaphysique et mystique, tandis que le masculin de l’être capte davantage la vision du Trait Géométrique (encore une fois, il ne s’agit pas ici d’hommes ou de femmes, tant il est vrai qu’il y a des très grands initiés femmes, autant sans doute que d’hommes. Mais ils n’ont pas la même propension à se manifester dans le monde. D’autre part, la culture n’a pas toujours permis aux femmes les mêmes libertés qu’elle accordait aux hommes.)
  • L’expression de la vulnérabilité, et la résilience pour tenir bon dans l’épreuve et se relever après pour accueillir la vie de nouveau
  • L’amour ! N’est-ce pas l’amour qui est l’essence même de la relation ? L’amour n’est pas l’apanage des femmes plus que celui des hommes. On a tous un coeur, normalement fait pour être ouvert et pour aimer… à l’infini ! (au sens propre d’aimer l’infini, l’unité sacrée)
  • Et bien sûr : l’acceptation des émotions et l’empathie

 

Honorer le féminin sacré

  • Accepter les autres sans juger : leurs points de vue, leurs émotions, leurs façon d’être.
  • Amener de l’harmonie dans les relations
  • Etre plus/mieux présent à l’autre
  • Se mettre à l’écoute de la profondeur
  • Cultiver une qualité de présence à l’autre
  • Pratiquer une activité artistique, méditer, ou tout simplement déambuler sans autre objectif que de contempler…
  • Regarder un peu en l’air et se mettre ainsi au spectacle de la beauté, qui révèle la beauté dans notre regard
  • S’éveiller à l’énergie Yang du matin, par des routines matinales et pratiques énergétiques. Ouvrir sa fenêtre, si vous n’avez pas la chance d’habiter dans un marécage comme notre ami chinois, et accueillir la vitalité en soi, et caresser l’énergie par des mouvements lents et conscients. Voir à ce sujet notre article sur les effets du Qi Gong

honorer le féminin sacré

  • Et enfin, simplement accepter qu’il y ait des périodes de repos, de passage à vide, au lieu de toujours vouloir se remplir d’agitation…

cultiver le féminin sacré

 

Le masculin procède du féminin

En inde, il y a une une image traditionnelle pour faire comprendre cela : le beurre (qui brûle comme le feu masculin) apparaît progressivement quand on travaille le lait féminin.

Comme le beurre procède du lait, le masculin sacré s’épanouit, quand l’individu accepte ses racines et s’ouvre à l’expression de sa féminité…. C’est pourquoi développer le masculin ne se peut que si l’on développe d’abord le féminin en soi.

Pour développer le féminin, il faut développer l’intériorité, la recherche des sensations profondes, l’écoute, et oser nouer des relations authentiques, avec empathie.

Et puis, il existe des rituels féminins : groupes de parole, pratiques méditatives, danses sacrées, cultes rendus à la nature en fonction des lunaisons. C’est très puissant.

Et si les femmes s’y adonnaient elles recouvriraient une puissance magnétique, qui les rendraient encore plus attractives et fortes. Encore plus sensibles mais aussi bien plus stables émotionnellement ! Il en va de même pour les hommes, qui gagneraient en virilité, en commençant pas nouer le lien avec le féminin en eux-mêmes et avec la nature.

 

Défendre le féminin sacré

Voici un extrait de Terre Oméga de Jacques Breyer, qui illustre combien le clivage entre hommes et femmes est secondaire et dérisoire, au vue de notre nature spirituelle, fondamentalement UNE !

La Race humaine est d’abord Une.

Elle est ensuite physiquement Deux, par ses hommes et ses femmes.

Elle est enfin Spirituellement Trois, par ceux qui Savent — ceux qui sont susceptibles de Savoir en menant leur Combat — et ceux, représentant le reste.

… Le Racisme de l’Initié s’arrête là, mais il est sans appel.

Une hiérarchie appuyée sur les intrigues, est injustice. Un nivellement général, est caricature de Justice. Une Hiérarchie basée sur la Valeur démontrée, est seule Justice.

Jacques Breyer – Terre Oméga page 9 : Testamentum

La race humaine est d’abord une ! Avant d’être une femme ou un homme, on est d’abord un être humain, équipé de deux polarités complémentaires et non pas handicapé d’une d’entre elles.

Que l’on soit homme ou femme par le sexe, c’est sans importance, spirituellement.

Et il en va des races  comme du sexe, c’est une question très secondaire. Les racismes sont une aberration d l’ego, ayant peur de la différence et voulant se rassurer en détestant la diversité.

Il faut bien être né quelque part ! Du coup, chacun apparient de fait à un genre et à une race. A la limite peu importe lesquels. On ne va quand même pas s’en gargariser toute la vie, ni se créer des problèmes avec ça.

Même quand on est né dans un corps d’homme, une femme est notre mère, notre épouse et notre fille. Finalement, elle est toujours notre SOEUR !

Alors, quand le stade barbare de la bestialité est dépassé (où l’on déteste le féminin qui nous renvoie à notre vulnérabilité), on ne peut qu’adorer la femme, l’aimer de tout son coeur, et évidemment a minima : la respecter !

  • Elle n’est pas un objet sexuel, ou une servante pour faire le ménage (comme le suggère la culture patriarcale depuis quelques milliers d’années).
  • Elle est l’incarnation de la Déesse mère, la personnification du courant de la vie, la représentante des courants vitaux de la planète Terre…

D’ailleurs, les chevaliers du moyen-âge qui défendaient la veuve et l’opprimé, et se battaient pour l’honneur et la sauvegarde de leur Dame, sont une belle illustration de cette éthique.

défendre le féminin sacré

C’est la nature même de l’Homme sain de reconnaître le féminin sacré et de le Servir de toutes ses Forces.

Pour autant, le féminin n’est pas faible parce qu’il est sensible et vulnérable. On sait que les femmes sont plus résistantes que les hommes, aux épreuves de la vie, à la douleur. C’est elles qui enfantent, et elles ont une vitalité bien supérieure à celle de l’homme.

 

Le symbole marial inspire toute l’humanité

unnamedToutes les civilisations, à leur apogée, ont honoré le féminin. Ainsi, les merveilleux cultes culte Marial dans la Chrétienté ou de Quan Yin en chine … Remarquez comme d’un côté à l’autre de la planète, et sans se concerter, l’humanité retrouve les mêmes divinités, les mêmes représentations.

La Vierge Marie des antiques Chinois a peut-être les yeux bridés (bien avant la Chrétienté) mais en tous points elle est la même, une femme douce et lumineuse, incarnant la pureté d’une vierge et la compassion infinie d’une Mère aimante.

Dans les deux cas, elle pose les pieds sur un dragon ou un démon, qui représentent les forces de l’instinct sublimées sans violence par l’amour. Dès lors la Divinité rayonne, transmutant l’énergie vitale en énergie d’Amour Universel.

Au-delà d’être la maman de Jésus, le symbole de Marie représente fondamentalement notre Terre, “vierge” de toute pensée et pourtant porteuse de l’humanité (son enfant). Et cette entité planétaire est tout amour. L’Amour, le lien d’unité, est sa nature intrinsèque ! C’est à cette Essence la plus haute que le féminin puise ses racines symboliques.

Avant de prétendre agir pour réaliser des choses à l’extérieur (masculin), ne faudrait-il pas déjà poser ses pieds sur terre (féminin) et bien s’y enraciner ?…

Que l’on soit soi-même un homme ou une femme, nous faisons tous partie de cette même humanité, cette grande famille, qui est décadente lorsqu’elle n’honore plus le féminin en ne respectant pas ses femmes. Il est nécessaire de développer le féminin en soi, si on veut voir s’épanouir plus d’humanité autour de soi.

 

Les origines du féminin sacré

féminin sacré

Le concept du féminin sacré daterait de la préhistoire (culte de la Déesse mère – 40.000 ans avant JC ?) avec la pluralité des Divinités relatives, au sein de la Déesse unité. Je ne suis pas historien, mais 40.000 ans, ce doit être une longue durée… Donc, c’est dire si la révélation du féminin sacré remonte à la nuit des temps. C’est probablement la première chose qu’a découverte notre « gros magnon », qui avait son sens de l’esthétique bien affirmé :

Nota : Ne pas confondre la femme avec le féminin !

Le yin est associé au féminin depuis toujours dans le Taoïsme. Mais à la dynastie des Han, il y a eu détournement politique : on a attribué à tort le yin à la femme. C’était une manoeuvre idéologique sournoise, visant à la maintenir à l’intérieur du foyer, laissant l’homme aux affaires publiques.