L’acceptation des émotions

On parle de plus en plus d’acceptation des émotions, après les avoir refoulées culturellement pendant des décennies.

acceptation des émotions

Les émotions viennent de l’intérieur et elles nous parlent toujours de nos besoins, de notre sensibilité, de notre vulnérabilité… Donc de notre féminité !

 

Quel est le problème avec les émotions ?

Vivre, c’est s’émouvoir (au sens propre se mettre en mouvement)

Les émotions sont l’expression même de la vie et de la vitalité. Quand on ne ressent plus d’émotion : c’est qu’on est mort !

Tant d’êtres sont tellement coupés de leurs émotions, qu’ils ne peuvent même plus les ressentir. Alors ils recherchent des substituts violents pour se sentir en vie, comme des activités dangereuses, ou des addictions extrêmes, afin de se sentir enfin « vibrer » un peu…

En fait, c’est un privilège de ressentir de la colère, de la peur ou de la tristesse. Si vous ne ressentez pas d’émotions, vous êtes handicapé, vous vivez une sous-vie, tel un zombie.

Le problème, c’est que les émotions sont généralement mal gérées : soit on se laisse déborder, soit on les réprime dans leur expression (ou les refoule dans l’inconscient, ce qui est encore pire). Du coup, on est tous victimes de véritables hémorragies d’énergie, à cause des émotions.

Il ne sert à rien de sa journée de vitalité le matin par diverses pratiques énergétiques, si c’est pour tout perdre en versant tout à côté de la cible, à cause des émotions incanalisées.

 

L’émotion, c’est la vie qui frappe à notre porte !

Un peu comme une fleur, qui dès qu’elle s’ouvre finira par mourir, mais pour qu’elle meure, il fallait bien qu’elle s’ouvre. Il en va ainsi avec les émotions, qui devraient émerger, s’épanouir et disparaître d’elles-mêmes dans le champ de la conscience.

Il n’y a pas à se complaire dans les émotions. Elles n’ont en soi rien d’intéressant. Elles sont juste l’expression de la vie, qu’il faut honorer, sans rien manipuler (voir à ce propos notre article : « Honorer l’énergie féminine« ).

Laisser la vie se manifester d’elle-même, sans chercher à la contrôler. Laisser les émotions s’épanouir d’elles-mêmes, en leur laissant de l’espace, dans la vie quotidienne.

Laisser l’émotion se déployer d’elle-même, devenir sensorielle, et puis disparaître, d’elle-même, progressivement. Sans intention de la faire disparaître. Laisser la vie être…

L’émotion est l’expression d’une fermeture.

Si vous n’accueillez pas l’émotion, c’est comme si vous la refusiez. Autrement dit c’est un double refus, comme une serrure fermée à double tour.

 

A quoi servent les émotions ?

Elles nous invitent à nous mettre à l’écoute.

Ecouter les émotions, sans les interpréter, c’est aimer la vie.

  • Il faut du courage, un peu.
  • Il faut surtout de l’amour, l’amour de la vie. Pas l’amour du cosmos ou de je ne sais quelle autre abstraction. Juste l’amour de la vie, qui se manifeste maintenant.

L’émotion nous cherche, depuis notre enfance. Et souvent, depuis notre enfance, nous la fuyons.

Mais à travers des formes récurrentes, propres à la structure caractérielle qui a forgé notre personnalité (une récurrence de jalousie, d’angoisse, de rancune, de mélancolie, de désespoir, de rage, de dégoût, de honte, de nostalgie, d’amertume, d’optimisme, de courage, de bonne humeur, etc…), c’est la vie qui nous cherche, qui cherche à se donner à nous, à se manifester à travers nous…

En ce sens, l’émotion est sacrée. L’acceptation de l’émotion est le travail sur soi qui est nécessaire sur le Sentier.

 

L’émotion pointe vers le refus

Mais plus encore que l’acceptation des émotions, ce qui est intéressant c’est de se laisser prendre par l’écoute de ce qui reste : après l’émotion.

  • Vous admirez un paysage. L’émotion ressentie vous dilate. Puis vous fermez les yeux et vous ressentez l’écho en vous de cette expansion
  • Par maladresse, vous tombez et vous faîtes mal. La douleur vous lance, elle exprime une contraction. Puis elle se calme et vous accueillez la trace de cette fermeture, vous écoutez la réouverture qui vient d’elle-même, et vous retrouvez la tranquillité qui émerge d’elle-même après la tempête de l’intensité.

Quand on se met à l’écoute des émotions, on est mis en contact avec nos fermetures et nos refus.

Et écouter un refus, c’est déjà un premier pas vers l’acceptation des émotions : j’accepte le refus, en le constatant, en constatant ses effets. Après, le refus cesse progressivement, tandis que la contraction se défait. Mais il n’y a pas besoin de détendre ou de relaxer quoi que ce soit. Il suffit d’écouter la tension corporelle, d’accueillir la contraction. D’elle-même, cette dynamique va se dissoudre, en révélant son histoire.

Mais il n’y a pas à se raconter d’histoire à propos de ces histoires.

  • Des histoires, il est normal qu’il y en ait.
  • Quelle importance et quel intérêt ?
  • On voit l’histoire, comme détaché d’elle, tout en étant pleinement associé au vécu intime de l’instant présent

 

Accepter l’émotion, c’est guérir

Par l’écoute de l’émotion, le refus est vu. Il est vu dans toute sa vanité (dans le double sens de l’arrogance qu’il y a à prétendre qu’on pourrait se soustraire à la vie par un refus, et aussi dans l’impuissance dans laquelle on se trouve de réussir à faire cela. Personne ne peut se soustraite à la vie. Personne ne peut rien refuser, en fait…

Et tandis que le refus capitule, est vue aussi son inutilité.

Il n’y avait pas besoin de refuser, parce qu’il n’y avait finalement rien à craindre.

J’ai craint par manque de lucidité et de perspective. Parce que je me suis pris pour une réduction de moi-même, qui serait limitée et vulnérable, tandis que je vois petit à petit de mieux en mieux que je suis la vie elle-même, certes sensible et vulnérable, mais indestructible.

De quoi aurait besoin d’avoir peur la vie, elle qui est tout ?

  • D’elle-même ? Absurde. On ne peut avoir peur que de l’altérité, dans une perspective de limite et de séparation.
  • Mais si je suis Tout, il n’y a pas de limite, pas à proprement parler d’autre. Je n’ai rien à craindre. Je ne suis qu’unité, amour, acceptation, écoute. Et rien n’est figé, tout se transforme.

Que peut-il m’arriver puisque « je suis » là ?

L’écoute de la manifestation de la grande vie qui nous traverse, nous forge, nous densifie dans l’ouverture. L’ouverture au Tout Autre, au Tout Autre que je suis, finalement.

Que serais-je d’autre ? Que puis-je être d’autre, puisqu’Il est Tout ?

Quelle arrogance de se croire ceci ou cela…

Au-delà de la dualité apparente, il y a l’Unité que je suis, parce que je ne puis être qu’Elle (ou “Lui” comme on dit dans nos Traditions patriarcales).

Quoi faire avec les émotions ?

Surtout : ne rien « faire » !

Rester simplement dans l’acceptation des émotions, les accueillir, presque avec dévotion.

On doit écouter le message qu’elles apportent.

Elles sont un guide (comme un GPS) pour repérer quelles situations génèrent des pensées inadéquates avec ce que nous sommes profondément.

Acceptation des émotions: On ne doit donc pas chercher à s’en débarrasser au plus vite, mais au contraire à les vivre pleinement, sans chercher le moins du monde à contrôler ou retenir l’intensité du ressenti (en revanche il faut canaliser l’expression : des crises de panique, des pleurs incessants, des explosions de colère n’amènent rien de bon, au contraire).

Pour faire simple, après avoir défini ce qu’est une émotion et avoir compris ce qu’il y a dessous, nous verrons qu’il y a deux choses à vivre à travers l’émergence d’une émotion :

  • Accueil (Yin): acceptation des émotions en tant que processus vital
  • Discrimination (Yang) : Ne pas s’identifier au contenu des pensées qui suscitent les émotions (sinon c’est le cercle infernal d’auto-confirmation et auto-renforcement qui se met en place…toujours plus de la même émotion, boucles répétitives inconscientes)

 

En synthèse : l’acceptation des émotions est la clé

  • Quelle place accordons-nous au féminin dans nos vies ? Nous exploitons notre propre corps comme s’il s’agissait d’un instrument, alors qu’il faudrait écouter ce qu’il a à dire, plutôt que de se faire violence à soi-même, à partir des fantaisies du mental (qui a décidé par exemple d’escalader un pic ou de traverser le désert, au détriment du bien-être et de l’équilibre corporels). A ce propos, la libération du féminin n’est pas à confondre avec la « libération de la femme » (qui n’a été que la libération du masculin de la femme, mais absolument pas la libération du féminin, ni de la femme ni de l’homme !)
  • Et pas besoin d’aller faire des choses extravagantes, se retrouver devant le grand Canyon pour dire « ah, c’est beau ! ». Il suffit de prendre son temps et d’écouter sa sensibilité au lieu de l’ignorer et de marcher dessus. Aller plus doucement en toute chose, pour se donner une chance de ressentir : manger plus doucement, oser des plages de temps pour ne faire : RIEN, rester là parfois à contempler simplement sans rien produire, oser « perdre son temps ».

Il faut écouter ce qui provoque l’émotion. Par exemple, si vous vous régalez d’un fruit délicieux :

acceptation des émotions

Goûter le fruit délicieux, puis oublier le fruit et demeurer avec l’émotion de plaisir qui vient du fait de manger le fruit.

Puis fermer les yeux, et oublier aussi l’émotion de plaisir. Et rester avec la tranquillité qui en est à la fois la substance et la source…

Refouler une émotion, revient à perdre l’énergie que contient cette émotion. Et cela blesse les organes en rapport avec cette émotion, comme une amputation de soi : partie d’âme, énergie vitale, organe… Après, évidemment, on s’étonne de se sentir vide, fatigué, manquant d’élan.

L’acceptation des émotions, tout comme l’écoute des ressentis corporels, c’est cesser d’être dans sa tête, à se croire l’auteur des pensées qui nous traversent.

Cela revient à se mettre à l’écoute de l’écoute elle-même, en état de conscience de soi… C’est l’émergence du Féminin sacré.