Les 5 blessures de l’âme

Alexander Lowen s’est intéressé aux 5 blessures de l’âme, dans le cadre de son approche thérapeutique qu’il avait baptisée : « la bioénergie« .

Il y a 20 ans, je lisais avec intérêt quelques-uns de ses livres pour mieux me comprendre, et j’y découvrais une classification des structures de caractère en fonction des premières épreuves de la vie.

Une arborescence en 4 cas de figure

blessures de l'âmeJe vais partager avec vous ce dont je me souviens à ce propos, et que j’avais cru comprendre à l’époque. Lowen ne présente pas les choses ainsi, mais j’avais cru discerner dans la description des 4 grandes structures de caractère une arborescence symbolique, à la manière des trigrammes chinois qui se divisent  en deux à chaque étape, pour arriver aux 8 Trigrammes fondamentaux du Yi King.

Nota : Je crois me souvenir que Lowen a d’abord identifié 4 grandes structures de caractère, qu’il a complétées par 3 autres plus tard :

Il a d’abord repéré les structure de schizoïdie (cérébral), de masochisme (soumis), d’oralité (dépendant) et de rigidité (défensif).

Puis il a ajouté la structure de psychopathe, en réponse à la blessure de trahison. Il aurait aussi exploré la « structure narcissique » et ainsi que « l’état limite », dont il semble qu’on parle moins fréquemment dans la littérature disponible sur le sujet. Pour en savoir plus sur ces états et leurs manifestations corporelles, consultez des spécialistes de la bioénergie.

Je ne suis pas du tout expert en bioénergie, n’ai pas étudié à fond ni Reich, ni Lowen. Mais voici comment j’avais perçu à l’époque de ces lectures, l’émergence des 4 grandes structures de caractère, en fonction des blessures de l’être, provoquées par le simple miroir de la vie, au tout début de celle-ci.

La justesse relative de cette proposition a finalement peu d’importance. Je ne m’y suis plus repenché depuis que je l’avais visualisée ainsi vers la trentaine. Je la partage quand même, à titre d’exemple, et pour mettre sur la voie d’une recherche personnelle, que chacun pourrait faire en lui-même. Les modèles et les classifications importent moins que ce qu’elles permettent comme exploration intime de la conscience.

A chaque étape, comme évoqué ci-dessus, il y aurait deux options et l’arborescence se construit ainsi que le suggère ce schéma :

Blessures de l'âmePersonnellement, j’aurais évidemment été assez inspiré d’en déduire une typologie de 8 profils de caractère adossée aux 8 personnages archétypes inspirés des 8 Béatitudes, (mais Jung y a déjà pensé et cela a été développé en 16 types par le « MBTI »).

Cela dit, aujourd’hui dans cet article, on va se concentrer sur les profils de personnalité en fonction des 5 blessures de l’âme.

 

4 blessures fondamentales de l’âme + 1

  • ne pas avoir vraiment le droit de vivre
  • ne pas avoir le droit à une existence propre, en tant qu’individu
  • ne pas avoir droit suffisamment au plaisir
  • ne pas avoir droit au plaisir jusqu’au corps (Relation au complexe d’Oedipe)

Détaillons la topique caractérielle qui découle de cette présentation de ces 4 grandes blessures fondamentales.

 

La blessure du rejet

En venant au monde, vous êtes désiré ou non, bien accueilli ou non. Autrement dit, on vous accorde plus ou moins pleinement le droit à la vie.

Si vous n’êtes ni désiré, ni bien accueilli (voire dans les cas les plus lourds : rejeté et même nié purement et simplement), vous développerez une structure caractérielle dite « schizoïde ». L’individu peut alors être saisi de sidération, de terreur, et marqué par cela toute sa vie. Il aura ainsi du mal à s’adonner à l’intimité avec autrui, et à ressentir la profondeur de ses émotions. Sa pensée semble dissociée des ressentis émotionnels et corporels, du fait de la raideur structurelle de ce caractère, parce qu’il aura dû se figer et s’exiler dans sa tête pour supporter la souffrance de ne pas se sentir désiré…

L’enfant schizoïde est ainsi souvent un enfant sage, qui ne fait pas de bruit, qui se fond dans la masse, qui voudrait disparaitre, ou passer inaperçu. Scission du corps entre le haut et le bas, incapacité à se ressentir incarné, les pieds sur terre. Tendance à la dissociation…

Pour la blessure du rejet, la voie de la guérison sera de se pardonner et de pardonner aux autres, leur attitude de rejet. Cesser de fuir pour affronter la peur du rejet. Oser prendre sa place et s’affirmer…

Ensuite, l’enfant trouvera probablement malgré tout une place comme il pourra… Il se construira une carapace musculaire en fonction de cette situation de rejet. Cela dit, après la naissance et au fur et à mesure que l’enfant grandit, il peut ne pas rester dans cette situation précaire de passager clandestin, qui n’a le droit qu’à un « strapontin » et pas un vrai siège dans l’existence.

Il peut parvenir tant bien que mal à faire son trou, et trouver une place dans la cellule familiale, parfois auprès de grands parents, de frères et soeurs, ou tout simplement auprès des parents eux-mêmes, quand les choses s’arrangent de leur côté…

Nota : Précisons ici qu’un être non désiré, risque fort de se voir refuser implicitement sa place en tant qu’individu à part entière, ainsi que l’accès au plaisir. Il développera donc potentiellement une structure complexe, sur dominante schizoïde, mais avec des composantes des autres structures.

 

La blessure d’humiliation

La seconde épreuve qui nous attend tous est celle qui va déterminer si nous avons droit à cette existence pour nous-même ou pour quelqu’un d’autre. Il est donc question là du droit à l’individualité. Il va s’agir de notre droit à l’intimité, ou bien au contraire de notre soumission à l’emprise de quelqu’un d’autre (un parent généralement). Un enfant, peut ainsi être considéré par sa mère comme une extension d’elle-même, au lieu qu’elle le considère comme un individu à part entière.

Les parents peuvent attendre de l’enfant qu’il se conforme à leurs désirs, qu’il réussisse dans la vie pour leur faire plaisir à eux, pour leur permettre de prendre une revanche par procuration sur la vie qu’ils estiment ne pas avoir réussie eux-mêmes. Les comportements typiques de parents, qui peuvent participer à produire ce genre de structure caractérielle dite « masochiste » sont des chantages affectifs, des pressions exercées sur l’enfant pour qu’il mange par exemple : « encore une cuillère pour faire plaisir à maman, et une autre encore pour faire plaisir à papa, etc… »

La structure masochiste est mise en place en réaction à l’humiliation de se sentir nié pour soi-même et instrumentalisé au profit d’autrui.

 

Pourquoi le mot de « masochiste » désigne-t-il cette structure ?

Parce que ce trait de caractère s’est construit en relation à la souffrance dont ce caractère ne parvient pas à se départir (d’où l’idée fausse qu’il aime souffrir !). Pour se défendre de l’oppression, l’enfant se construira des défenses, comme une armure, avec de l’embonpoint au niveau de la taille notamment. Du coup, pour s’en libérer, certains développeront la pulsion de « souffrir » pour mériter la délivrance, comme si les coups allaient parvenir à les libérer du carcan de leur armure. Ce caractère aura ainsi tendance à communiquer de façon indirecte à travers des plaintes et des provocations, dans le but d’obtenir de l’autre une réaction énergique, assez forte pour lui permettre de briser sa carapace…

 

Fonctionnement sous pression, en « cocote minute »

Le caractère dit masochiste (mais sans rapport direct avec les comportements sexuels du même nom) se développera un peu comme une cocotte minute, pleine de colère prête à exploser. En effet, toutes les tentatives de résistance, face à une mère dominatrice (et notamment les réactions de juste colère) ayant été réprimées, il reste en permanence un fond de rage non exprimée.

Pour guérir de sa blessure, la structure masochiste devra reconnaître sa honte de soi-même. Cesser d’humilier à son tout les autres en faisant tout à leur place. En prendre moins sur ses épaules. Cesser de se dévaloriser et de faire passer les besoins des autres avant les siens. 

 

Accès au plaisir ?

Au-delà de ce premier tamis, vient l’accès au plaisir.

Fille ou garçon, vous a-t-on laissé suffisamment le « sein symbolique » offrant le réconfort du lait maternel ? Si ce n’est pas le cas, l’individu aura tendance à « en vouloir encore », et à développer des addictions dites « orales » (nourriture, alcool, cigarette,  mais pas seulement : toute addiction répondant à ce besoin d’ « encore »).

L’oralité est mise en place en réaction au manque et à la privation, ainsi qu’au sentiment d’abandon. Comme si il lui manquait toujours quelque chose, la structure mise en place cherche des appuis à l’extérieur, s’accroche aux autres, a besoin qu’on s’occupe d’elle, du fait de la croyance qu’elle serait vide à l’intérieur.

Tous les points de contact avec l’environnement sont faiblement investis. Les muscles et les yeux sont faibles, et le niveau d’excitation génitale est réduit, de même que le niveau énergétique général du corps. L’ensemble du corps peut d’ailleurs sembler manquer de maturité. La personne peut être sujette à des sautes d’humeur allant de l’exaltation à la déprime.

La voie de la guérison de la structure orale sera de pardonner aux autres et à soi-même d’avoir été abandonnée. Ne pas chercher l’attention des autres. Se sentir bien en étant seul. Prendre confiance en soi.

 

L’élan d’amour mal accueilli

Enfin, le caractère rigide, n’a pas subi les blessures de l’âme des autres typologies de caractère. Mais l’expression ouverte de son amour en tant que désir d’intimité physique s’est heurtée au rejet parental (ce qui en l’occurrence n’est pas malsain de la part du parent).

L’enfant considéra alors le rejet de ses pulsions vers le plaisir érotique et sexuel comme une trahison de ses élans d’amour. Il apprendra alors à manœuvrer pour accéder à l’intimité recherchée. Le rejet de son amour sexuel blesse sa fierté et il se rigidifie émotionnellement pour se tenir à distance de ce qu’il ressent comme une injustice.

Tête haute, dos droit, rigidité des membres, la personne à caractère rigide aura peur de céder, parce qu’elle assimile cela à de la soumission. Elle se tient donc sur ses gardes pour éviter qu’on ne tire avantage d’elle, qu’on l’utilise, qu’on profite d’elle.

Pour autant, le caractère rigide est fortement ancré dans la réalité, et très attaché à sa liberté d’action. Potentiellement ambitieux, compétitif et éventuellement agressif. Le corps du caractère rigide est relativement bien proportionné et harmonieux. Le corps se sent globalement intégré et lié. La vitalité du corps du caractère rigide est manifeste : des yeux brillants et vifs, le teint coloré, des gestes et mouvements empreints de vitalité, voire de souplesse malgré la rigidité sous-jacente.

Grâce au fort développement d’un « moi fort », la périphérie du corps est alignée avec les élans du centre de l’être. C’est donc quelqu’un qui agit avec son cœur (tout en se contrôlant beaucoup). Dans son esprit, s’abandonner serait assimilé à une soumission, qui le ramènerait au niveau du caractère masochiste. Du coup cette typologie caractérielle surveille constamment ses désirs et ses amours. Abandonner ce contrôle et laisser le cœur l’emporter serait pourtant l’issue positive du développement de ce caractère. Elle est perfectionniste et exigeante envers autrui. Elle ne reconnaît pas volontiers ses limites et se refuse à demander de l’aide…

Voie de progrès du caractère rigide : Etre moins perfectionniste, accepter de  faire des erreurs. Montrer sa sensibilité, pleurer devant les autres sans avoir honte et peur de leur jugement.

 

La structure psychopathe

Un cinquième caractère est venu se rajouter par la suite dans la théorie d’Alexander Lowen : la structure psychoathe.

Le caractère psychopathe s’est senti trahi, voire manipulé. Exposé à un parent séducteur, qui cherchait de manière détournée à se lier l’enfant. Cette situation a mis l’enfant malgré lui dans une position de compétition avec l’autre parent. Ne pouvant lutter à armes égales, il a dû sublimer ses besoins ou manipuler ses parents, afin de ne pas les subir et de reprendre le contrôle. La soumission n’était qu’apparente et présentait un caractère manipulatoire de la part de l’enfant. Elle ne visait qu’à gagner une certaine intimité avec le parent. Quand le psychopathe a réussi à séduire et que l’attachement de l’autre lui est assuré, la dimension sadique peut alors apparaître…

Le psychopathe est dominant et/ou séducteur, il est également partiellement coupé de ses émotions. Il détourne les fonctions du corps pour assurer son image, à des fins de contrôle. Il cherche à prendre pouvoir sur autrui, en l’impressionnant ou en le séduisant.

Le psychopathe a développé une forte personnalité. Il affirme ce qu’il croit avec force et veut que les autres adhèrent à ses croyances. Il se fait rapidement une opinion et il est convaincu d’avoir raison.

Voies de progrès : Ne plus se mettre en colère lorsque les choses ne se déroulent pas comme on l’entend. Lâcher prise et renoncer à vouloir tout contrôler. Laisser de la place aux autres Ne plus chercher à être au centre de l’attention.

 

Les 5 blessures liées aux 5 refus fondamentaux

Voici un extrait qui traduit en d’autres mots ce que j’avais cru comprendre : Les structures de caractère répondent à 5 gardiens du seuil qui se présentent tour à tour dans la vie :

  • Schizoïde/Le droit à l’existence. Ce droit s’établit en général au cours des premiers mois de la vie. Chaque fois que ce droit est gravement menacé, au point où l’on se sent incertain de son droit à exister, va apparaître une tendance schizoïde.
  • Masochiste/Le droit à l’indépendance établi par l’enfant en s’affirmant lui-même et en s’opposant à ses parents. Si l’on réprime l’affirmation de soi et l’opposition, l’enfant développe une personnalité masochiste. L’auto-affirmation commence en général vers dix-huit mois, lorsque l’enfant apprend à dire non, et continue à se développer l’année suivante. Cette période coïncide avec l’apprentissage de la propreté, et les problèmes créés par la contrainte de cet apprentissage s’associent avec le problème de l’affirmation de soi et de l’opposition.
  • Oralité/Le droit à la satisfaction de ses besoins : qui vient de la fonction d’aide et d’apport de nourriture qu’assume la mère pendant la première année. L’insécurité fondamentale à ce niveau entraîne une structure orale.
  • Rigidité/Le droit de vouloir, et de chercher directement à obtenir ce que l’on veut : ce droit a une importance dans la composante du Moi, et c’est le dernier des droits naturels à s’établir. On reliera son apparition et son développement à la période de trois à six ans, approximativement. Il est fortement lié aux émotions sexuelles précoces de l’enfant.
  • Contrôle/Le droit à l’autonomie et à l’indépendance : c’est-à-dire à ne pas être soumis aux besoins des autres. Ce droit se perd ou ne peut s’établir si le parent de sexe opposé a une attitude séductrice. Céder à la séduction mettrait l’enfant sous la coupe du parent. L’enfant contre cette menace en devenant à son tour séducteur pour obtenir le pouvoir sur le parent. Cette situation entraîne généralement une structure psychopathe. « 

En bioénergétique, les différentes structures de caractère sont classées en cinq groupes fondamentaux. Chaque type de structure a un schéma de défense particulier, au niveau psychologique et au niveau physique ou musculaire, qui va le distinguer des autres types.

Notez bien qu’il ne s’agit pas d’une classification des individus, mais d’une modélisation à gros traits de leur position défensive préférentielle. On admet d’ailleurs qu’aucun individu ne présente un type pur et que dans notre culture, chacun combine dans sa personnalité plusieurs de ces schémas défensifs, ou tous, à des degrés différents. Il n’y a pas deux individus semblables, que ce soit par leur vitalité, ou leurs schémas de défense qui viennent de leur expérience vécue.  – Jean-Claude THIMOLÉON JOLY

 

Les effets des blessures de l’âme

Lise Bourbeau, auteure à succès, a expliqué notamment comment les blessures de l’âme s’appliquent au processus du passage à l’acte.

Rappel : ces blessures de l’âme sont les suivantes

  • Rejet (schizo),
  • humiliation (maso),
  • abandon (oral),
  •  l’injustice (rigide),
  • et un cinquième pour la route : trahison (psychopathe)

Comme d’habitude, cette classification est imparfaite. Mais elle donne un exemple de l’analyse qui peut être faite de comportements d’échec, en lien avec les blessures de l’âme.

Comment les gens osent s’engager, s’affirmer, s’exposer, selon leur typologie de caractère :

  1. Structure Schizoïde : Il y a le profil de la personne qui ne parvient jamais au passage à l’acte. Souvent, cette personne demande des tas de conseils à qui veut bien lui en donner. Mais elle n’en tient pas vraiment compte et finit la plupart du temps par ne rien faire. Embarrassée des conseils contradictoires qu’elle collecte, ils contribuent à compliquer et retarder sa prise de décision. Ce type de personne laisse ainsi passer beaucoup d’opportunités intéressantes. Elle admire ou envie ceux qui vivent pleinement leur vie mais elle ne croit pas vraiment que cela lui soit possible. Elle ne s’autorise pas à vivre sa vie pleinement, parce qu’elle n’a pas dépassé sa blessure d’âme du non droit à l’existence. Une autre version de cette structure est celle de la personne qui décide, et passe à l’action… mais qui arrête en cours de route. C’est souvent encore le signe d’une personne qui ne croit pas mériter le bonheur ou le succès. Elle lâche tout, juste avant d’arriver à son but.
  2. Structure orale : elle pointe aussi le cas de la personne qui se décide mais qui finit par douter et se laisse facilement influencer par l’extérieur, au moment de passer à l’action. C’est typiquement l’exemple de quelqu’un qui décide de prendre un bon bain après une dure journée de travail se retrouve à ne pas oser refuser une visite inopportune, tout en ressentant de la colère face à elle-même. En effet, elle se rend bien compte qu’elle ne respecte pas ses propres besoins et désirs. Elle sait au fond d’elle-même qu’elle ne s’aime pas elle-même, comme elle voudrait être aimée.
  3. Structure masochiste : La personne qui procrastine et diffère le passage à l’acte. Elle sait ce qu’elle veut et décide de porter à plus tard. « Un jour je vais partir d’ici, un jour je vais lui dire ce que je pense véritablement, … un jour je vais faire un régime, … un jour j’arrêterai de fumer, … un jour je partirai en voyage, un jour je déménagerai… », etc… Ce type de personne parle généralement au futur ou au conditionnel, parce qu’elle dissimule ses peurs en parlant sans cesse de ce qu’elle fera un jour.
  4. Structure rigide : La personne s’agite beaucoup, pour compenser le fait qu’elle ne décide pas vraiment, n’ose pas faire des choix clairs. Cette personne agit souvent par devoir, par habitude. Ayant peur de passer à côté d’une opportunité, elle s’éparpille, disant oui à tout ce qui passe, n’osant pas dire non… Du coup, cette personne en « prend » toujours davantage, elle se charge, et absorbe de plus en plus de tout, donc sans jamais pouvoir non plus aller jusqu’au bout. Elle se force à continuer jusqu’au bout, par principe. Elle est aussi du genre à s’imposer des choses, sans vérifier au préalable, si ce qu’elle décide tient compte de ses limites. En surestimant ses forces, elle en abuse et ne peut pas toujours aller jusqu’au bout de ses engagements vis-à-vis d’elle-même. Cette personne recherche la perfection dans ce qu’elle fait. Rigoriste, elle n’est donc jamais satisfaite et finit parfois par s’épuiser et se décourager. Elle a souvent peur de se faire juger ou critiquer. Cette forme de caractère très responsable, fait comme si elle était responsable du bien-être et du bonheur des autres. Elle est prise dans un tourbillon d’actions; elle ne s’arrête pas pour se demander si ce qu’elle fait répond vraiment  à son propre bien-être.

Il est possible de se retrouver partiellement dans plusieurs profils de personnalité. L’idée de ce genre de classification est de nous aider à repérer nos grandes tendances.

 

Guérir les blessures de l’âme

L’anxiété, la peur, la culpabilité, la colère, l’agressivité, et certaines maladies, sont plus ou moins liées à nos blessures d’âme.

Pour sen libérer il faut envisager une guérison de l’âme.

Pour guérir les blessures de son âme, chacun devra :

  • d’abord en prendre conscience, et comprendre que nous en sommes tous atteints. Que c’est donc normal, mais qu’il est indispensable de se soigner.
  • puis voir à quels besoins non assumés répondent ses comportements réducteurs, liés aux systèmes de défense. Assumer ces besoins, courageusement, et cesser les répétitions qui entretiennent le problème au lieu de le résoudre
  • se pardonner et pardonner aux autres.

Pour avancer sur ces questions, vous pouvez découvrir vos 8 personnages archétypes.

Il sera nécessaire d’unifier vos sous-personnalités, en les identifiant et en les acceptant. Ces sous-personnalités sont des combinaisons de traits de caractère, issus des souffrances fondamentales dont nous venons de parler.

  • Alors, l’individu schizoïde prendra la place qui lui revient et osera s’affirmer.
  • Le masochiste vivra sa sensualité sans culpabilité et écoutera ses propres besoins, avant de se soumettre à ceux des autres;
  • Le dépendant (oralité) assumera le fait de rester seul, il demandera de l’aide seulement quand il en aura besoin et non plus seulement pour attirer l’attention.
  • Le rigide accueillera sa sensibilité naturelle et se donnera le droit de ne pas être toujours parfait.
  • Le psychopathe contrôlant renoncera à vouloir contrôler les autres et s’affirmera avec plus d’authenticité;

 

Le corps comme support de libération

Dans sa théorie sur la Bioénergie, Alexander Lowen explique comment la cuirasse musculaire se construit à notre insu, pour tenter de nous protéger de ressentir les émotions, dont notre éducation réprime l’expression.

La thérapie (considérée de ce point de vue comme un préalable au chemin menant à l’Eveil spirituel) consiste à dissoudre dans le corps les crispations chroniques de l’ego, en libérant la respiration, fluidifiant les circulations d’énergie. Elle cherche à éliminer les entraves périphériques pour laisser au Centre la possibilité de se développer.

Probablement inspiré des massages traditionnels chinois, le soin bioénergétique tendrait lui aussi à  harmoniser nos polarités intimes (pulsion d’emprise et pulsion créative) par l’équilibre entre :

  • le haut et le bas,
  • la gauche et la droite,
  • l’avant et l’arrière du corps.

Débusquant dans le corps l’empreinte laissée par la contrainte extérieure, il s’agirait de se libérer de l’emprise du passé inscrit, pour développer sa véritable identité dans le présent.

 

Les répercussions sur le corps

Lowen explique qu’on reconnaît ces structures de caractère au développement notamment de la « cuirasse musculaire » provoquant divers blocages de la respiration.

Mais d’autres signes sont pour lui parlants, comme la forme longiligne des schizoïdes (qui ont cherché selon lui à pousser « comme des asperges », pour être « grand » dès que possible et échapper ainsi le plus vite possible aux dangers de l’enfance).

Autre exemple, l’oralité aurait tendance à faire apparaître une bouche très sanguine et développée (liée au symbole de la succion du nourrisson).

Le caractère masochiste garderait les fesses serrées et le bassin trop rétro-versé, pour des raisons évidentes de protection du derrière et/ou d’exhibition du devant, tandis que d’autres seraient plus naturellement cambrés comme pour cacher leur zone génitale (mais l’exposant de ce fait de l’autre côté) etc…

Ces considérations à propos du corps sont intéressantes mais évidemment caricaturales. Je suppose qu’il les donne à titre d’exemple, mais que mille nuances viennent enrichir et complexifier le tableau.

 

La cuirasse caractérielle, selon Lowen

« La structure caractérielle n’est pas un agrégat de blessures et de défenses qui peuvent être analysées une par une, ni une série de tensions musculaires dispersées – un cou tendu, une mâchoire rigide, des épaules contractées, etc. – qui bloquent le flux de excitation et sensation dans le corps. Il est vrai que chaque muscle ou groupe musculaire tendu est le résultat d’expériences traumatisantes qui bloquent l’expression de la sensation. Mais la structure caractérielle est un système organisé de défenses visant à promouvoir la survie et la sécurité de l’individu. Et ces défenses sont intégrées et coordonnées pour promouvoir la sécurité maximale que l’individu estime nécessaire tout en lui donnant l’occasion d’essayer de trouver un certain épanouissement dans la vie. Ce système de défense et d’adaptation n’a pas été construit en un jour mais sur une période de six ans, pour être exact, pendant laquelle l’enfant s’est efforcé de trouver un sens positif à sa vie. C’est une ville fortifiée ou une forteresse selon le degré de peur. » – Alexander Lowen, Newsletter of The International Institute for Bioenergetic Analysis

 

Les structures caractérielles et les éléments

Un rapprochement imparfait des structures caractérielles avec la symbolique des éléments est assez précaire. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble néanmoins que :

  • la structure schizo, qui est pétrifiée par la terreur, pourrait bien être signée de la Terre
  • la structure maso, qui contient la colère explosive serait signée de l’Air,
  • la structure orale, qui est dépendante affective, est empreinte de l’énergie de l’Eau
  • la structure psychopathe, dominatrice et engagée dans des jeux de pouvoir sur autrui, est marquée par l’influence du Feu
  • la structure rigide, responsable et sans limite, pourrait donc être signée par l’Ether

 

Voir à ce sujet : symbolique des 4 éléments

Et voir aussi : équilibrer les énergies en soi