On parle parfois de sous-personnalités dans le contexte d’une thérapie, d’une démarche de développement personnel ou spirituel, quand il s’agit de soigner une personnalité dysfonctionnelle, entre les parties qui la constituent.
Quel est l’enjeu de ré-unifier les sous-personnalités ?
Comment procéder concrètement, pour réunifier les sous-personnalités ?
Que sont les sous-personnalités ?
A la suite de Pierre Cauvin et Geneviève Cailloux, qui exposent cela avec beaucoup de clarté dans leur livre « Embrassez vos opposés avec le Dialogue intérieur », on peut modéliser le fonctionnement psychique comme suit : la personnalité, constituée de sous-personnalités, le moi opérationnel, le moi conscient, et la faculté du moi conscient à discerner avec lucidité.
Développons à notre manière ces notions clés :
- La personnalité est un agrégat de croyances à propos de ce que nous croyons être (le mot personnalité vient du Grec ancien « per-sona » – ce à travers quoi passe le son-, qui désignait le masque dont se paraient les comédiens dans le théâtre antique pour amplifier à la fois leur voix et les émotions archétypes, dessinées sur leur masque et incarnées par leur personnage).

- Ces croyances, sont des énergies, des concentrations de la substance de notre âme, qui sous l’effet du parcours de vie deviennent en partie autonomes, et réagissent comme des processus automatiques, conditionnés pour faire face à certains stimuli de manière définie. Dans un autre article « les 8 personnages archétypes« , nous avons tenté de nommer ces parties d’âme.
- Au milieu de cet agrégat, un centre de gravité : le « moi opérationnel », qui serait comme une projection de nous-même, point de coordination des différents aspects de soi. Comme nous le verrons dans le schéma ci-dessous, le « moi opérationnel » est sur le même plan de projection que les sous-personnalités.

- Le « moi conscient » serait ce qui est distancié de cet ensemble de projections et de croyances, qui peut donc les voir et peut éventuellement agir sur elles. Ce serait notre « vrai moi » en quelque sorte. Quoi qu’encore, ici on ne parle que de l’individualité, et non du Soi impersonnel, que nous sommes aussi, au coeur de l’expérience du « je suis« .
Pour illustrer cette topique, nous reprendrons la métaphore de la salle de cinéma, déjà utilisée dans un précédent article sur « Qu’est-ce que l’ego ? » :
Imaginez un spectateur assis sur son siège au cinéma :

- à l’avant-plan de son attention, se trouve l’écran sur lequel sont projetées des histoires avec des personnages. Ces personnages sont l’équivalent de ses sous-personnalités. Et leur ensemble forme la personnalité. Au coeur du scénario se trouve un personnage central, le « moi opérationnel », celui auquel le scénariste invite le spectateur à s’identifier le plus.
- à l’arrière-plan du spectateur, se trouve le projecteur (la pure conscience impersonnelle) qui éclaire la pellicule (les conditionnements, qui tels un déterminisme, limitent les possibilités et enferment les comportements dans des boucles répétitives).
- Dans cette image, le « moi conscient » serait le spectateur, et le « Soi » serait la lumière du projecteur.
Le problème avec les sous-personnalités
Il y a plusieurs problèmes possiblement posés par le jeu des sous-personnalités :
- des problèmes de manques, quand des parties d’âme ont été ignorées, sous-développées, ou carrément refoulées dans l’ombre (concept de Jung) ;
- des problèmes de déséquilibres entre les polarités, à cause d’un développement inharmonieux ;
- des problèmes de perte (si des parties d’âme sont comme manquantes à l’appel) – voir à ce sujet notre article sur le recouvrement d’âme.
Le problème majeur vient de l’identification du moi conscient aux sous-personnalités et des prises de pouvoir entre elles :
- le moi conscient s’identifie à tort à la projection de la personnalité et à ses composantes que sont les sous-personnalités ;
- les sous-personnalités, comme des personnages autonomes, prennent le pouvoir à tour de rôle, au détriment de l’écologie de l’ensemble, et de la souveraineté du « moi conscient », idéalement bien représenté par le « moi opérationnel ». Un peu comme des ministres qui décideraient en lieu et place du président : quand un ministre prend le pouvoir, il n’assume pas les décisions de son prédécesseur et s’empresse d’en prendre d’autres, allant éventuellement dans un tout autre sens. D’où les tiraillements intérieurs, les contradictions, les auto-sabotages, etc… C’est ce qui vous fait dire par exemple « je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai paniqué », ou bien « mes mots ont dépassé ma pensée », ou encore « je regrette, j’ai changé d’avis », « je n’aurais jamais dû faire cela, je ne comprends pas, ce fut plus fort que moi », etc…
L’unité corps-âme-esprit
Le corps est un tout. Agir sur une de ses parties a des répercussions sur l’ensemble du système, non seulement corporel, mais sur l’ensemble de l’être : corps – âme – esprit.
Le corps, l’âme et l’esprit représentent en effet un système, dont les parties interagissent les unes sur les autres.
Quand on ressent une émotion forte, une partie du corps qui correspond à l’émotion est immédiatement affectée.
Aussi quand une sous-personnalité forte prend le pouvoir, elle draine parfois toute l’énergie disponible vers elle et les organes du corps auxquels elle correspond, au détriment de la santé globale du corps.

En médecine chinoise traditionnelle, les correspondances entre les émotions et la fonction des organes ont été repérées depuis des millénaires.
Ainsi :
- La colère marche avec l’organe foie ;
- La peine (ou son opposé : la joie) avec l’organe coeur ;
- L’obsession (ou les préoccupations mentales) est liée à l’organe rate ;
- La tristesse est liée à l’organe poumons ;
- La peur est liée à l’organe reins.
L’âme est en correspondance avec le corps physique.
D’autres traditions établissent d’autres correspondances.
Par exemple entre les chakras et les organes. On peut aussi envisager de travailler sur les méridiens ou les points d’acupuncture.
Le plus important pour nous dans cet article est de bien comprendre que les sous-personnalités ont un impact sur le corps. Exemple une sous-personnalité dont la fonction est de se révolter contre l’injustice aura tendance à répéter des réactions colériques, qui finiront par épuiser le foie. Il en va de même de sous-personnalités dépressives et mélancoliques qui fatigueront les poumons, entraînant les pathologies associées.
Il faut également bien comprendre qu’en travaillant avec et sur le corps physique on peut toucher l’âme et, en remettant les énergies du corps en circulation, on est susceptible de réveiller des sous-personnalités endormies.
Attention donc, aux soins énergétiques, qui ne sont pas inoffensifs. De simples massages qui manqueraient d’empathie, par exemple, peuvent très bien ramener à la conscience des énergies refoulées, que l’individu pourrait ne pas savoir gérer…
Les pensées négatives impactent l’âme
Quand on entretient des pensées négatives, longtemps ou intensément (et donc a fortiori si on le fait longtemps ET intensément !) on se marque soi-même, un peu comme une scarification. On se blesse l’âme, et cela peut s’imprimer jusque dans le corps, par diverses somatisations et déformations osseuses ou musculaires.
Quelques exemples :
- Une posture de dos voûté pourra traduire du pessimisme, de l’abattement, une faible estime de soi, de la résignation ;
- Un ulcère à l’estomac, pourra traduire des préoccupations mentales excessives, des ruminations, des colères rentrées parfois ;
- Une morphologie, avec des muscles longs et des os fins, exprimera la délicatesse et une certaine fragilité. Si de plus, l’individu manque de confiance et d’amour de soi, du fait de son corps fluet (ce n’est absolument pas une obligation, mais cela pourrait se produire tout autant qu’avec un corps épais, ayant tendance à l’embonpoint. Nous ne prenons là qu’un exemple, mais il y en aurait des milliers, pour illustrer comment les pensées agissent sur le corps), alors ce même individu aura peut-être une santé fragile, en plus de son corps menu, et d ‘une âme éventuellement délicate.
- La position du bassin (et du coup la façon dont on rentre plus ou moins les fesses, qui sont plus ou moins serrées) exprimera le rapport à la sexualité, et plus généralement le rapport au plaisir, ainsi que le rapport à la vie elle-même, d’une façon encore plus fondamentale. Donc des croyances telles que : « les autres sont des proies sexuelles », « le sexe, c’est sale et dégradant », « le sexe est un moyen de pression sur autrui », « le sexe est un mal nécessaire pour être aimée », sont autant d’exemples de pensées qui finissent par avoir un impact sur l’attitude intérieure, donc sur la posture du corps, donc sur le développement des muscles et l’usure des articulations, la formation des os, le fonctionnement des organes.
Les pensées impactent donc l’âme et le corps. Et les émotions aussi évidemment (comme on l’a vu) qui sont une réaction du corps à la pensée.
Ainsi des pensées hostiles et disqualifiantes, que des sous-personnalités culpabilisantes entretiendraient contre soi, finiront invariablement pas déclencher des problèmes énergétiques et corporels.
Quand vous vous critiquez vous-même, c’est qu’une sous-personnalité en critique une autre. Il y a comme une inflammation de l’âme ainsi divisée à leur intersection !
Il faut dans ce cas repérer et soigner cela en réunifiant les personnalités discordantes et en conflit.
Voir à ce sujet notre article sur la guérison de l’âme…
Réunifier les parties d’âme dissociées
Plusieurs approches sont complémentaires et souvent nécessaires pour bien réunifier les sous-personnalités et développer une grande âme équilibrée.
De grandes âmes déséquilibrées feront beaucoup souffrir, allant parfois jusqu’à tyranniser le moi conscient, par divers maux corporels (stress, insomnies, doutes de soi, détestation de soi, grandes amplitudes émotionnelles qui vident les énergies et font drastiquement chuter l’immunité. D’où multiples maladies, diverses et variées s’enchaînant les unes aux autres…jusqu’au bouquet final (la mort) si rien n’est entrepris sérieusement pour remettre en ordre le système des sous-personnalités.
Parmi les démarches possibles :
- un voyage chamanique, un recouvrement d’âme ;
- une approche thérapeutique sur le dialogue intérieur, ou les constellations familiales, ou la psychomagie, ou la gestalt, sont de bons exemples, mais il y en a plein d’autres. Les soins cognitifs des traumatismes comme l’EMDR ou l’EFT ne concourent pas forcément à réunifier les sous-personnalités, même quand elles débranchent le lien cognitif entre le souvenir et l’énergie présente. Cela peut vraiment soulager en surface, en limitant les effets du trauma, mais pas forcément en traitant son origine. L’origine d’un traumatisme n’est pas le choc, l’accident, l’agression, mais la réaction énergétique, émotionnelle et cognitive qui a suivi, quand l’information n’a pu être traitée et correctement digérée.
- une démarche spirituelle, permettant :
- d’abord de se désidentifier de la personnalité et de ses composantes ;
- ensuite de réaligner les énergies par un travail spécifique ;
- enfin de fusionner les sous-personnalités, pour leur redonner une unité et une cohérence entre elles.

Dans ce schéma, la flamme c’est l’esprit (le moi conscient se reconnaissant comme une émanation de la pure conscience du projecteur (le « Soi » impersonnel) qui réchauffe avec amour et intelligence les parties d’âme (qui dès lors cessent de s’opposer). Cette soudure s’opère idéalement dans un four spirituel, capable de canaliser la chaleur spirituelle. Voir à ce propos : les pouvoirs de l’octogone...